Sentences

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— La vraie connaissance ne s’obtient qu’avec humilité. La démarche pour s’acheminer vers elle est semblable à celle d’une personne qui veut boire l’eau d’un ruisseau : elle devra se baisser pour boire. L’eau est toujours située dans le lieu le plus bas, il nous faut être comme l’eau.

— Le respect des prescriptions de la Loi Divine (shari’a) joue le même rôle que la cire du bouchon qui empêche le liquide de se répandre hors de la bouteille. Un récipient peut être rempli d’eau, mais si le fond est éventré tout le liquide va s’en échapper : on aura beau essayer de le remplir à nouveau, rien ne pourra se conserver. Cette image illustre la situation du disciple qui n’applique plus la Loi Divine.

— Rien n’est en dehors de Dieu. Il enveloppe toute chose. On contemple cela après la réalisation. Cette réalisation est quelque chose de donné. Dans ce domaine, les sciences extérieures ne servent à rien. Un savant a l’habitude de tout mesurer, de tout évaluer, de tout peser. Celui qui se situe au-delà de cette approche ne se pose plus ces problèmes.

— Celui qui essaie de trouver un chemin grâce aux écrits d’Ibn Arabi ou des autres maîtres soufis du passé ne fait que suivre leurs “ djellabas”. Il restera à la surface des choses. Les méthodes varient en fonction des conditions de l’époque dans laquelle nous vivons. Seul un maître vivant détient les clés de la progression initiatique.

— A un certain degré, le besoin de Dieu devient comparable au besoin d’assistance qu’éprouve une personne en train de se noyer et appelant désespérément au secours. Ce besoin détruit tout désir autre que Dieu.

— La sagesse est dans le coeur : celui qui veut avoir de l’eau dans son puits doit creuser ; plus il creuse, plus l’eau est abondante ; s’il arrête de creuser, l’eau ne dépasse jamais le niveau initial. Celui qui creuse ce puits ne doit pas dire ou croire que l’eau a atteint le niveau maximal, il doit continuer de creuser, car ce puits n’a pas de limite.

— Chacun doit veiller sur son coeur. Toute suggestion devra être rejetée. Il faut rejeter ce qui est malsain en soi et tenter de s’ouvrir à toutes les Grâces Divines, à ce qui est positif et favorise le cheminement et la progression. Mais comment rejeter les suggestions négatives ? Lorsqu’on les sent arriver, il faut dire à son ego qu’il a tort et que c’est lui qui a tous les défauts et non les autres : “ C’est moi qui suis en tort. Si je vois le défaut dans l’autre, c’est parce qu’il est en moi, sinon je ne l’aurais pas vu ! ”.

— Invoquez jusqu’à ce qu’on dise : c’est un fou ! (Hadith)

— Le dhikr pratiqué régulièrement fait disparaître progressivement les désirs et les pensées impures. De la même manière, si des chasseurs se rendent chaque matin dans la forêt et tirent des coups de fusil, alors tous les animaux apeurés s’enfuient en entendant les coups de feu, puis reviennent un peu plus tard dans la journée. Mais comme les chasseurs reviennent tous les jours, les animaux finissent par changer d’endroit.

— L’état spirituel est la manifestation de l’attirance du disciple, y compris son corps, vers l’Esprit. Le coeur réagit ainsi parce qu’il n’est pas habitué à la Lumière Divine et cela se répercute sur tout l’être, y compris le corps.

— Vous avez des états spirituels différents. L’eau est une mais les fleurs sont multiples.

— L’ouverture (fath) est le dévoilement soudain de la Réalité Divine et donc la fin de l’illusion. C’est comme une boule de neige que l’on jette dans l’océan. La boule de neige est l’ego (nafs) et l’océan, la Réalité Divine. La boule de neige n’est rien d’autre que de l’eau gelée. Une fois jetée dans l’océan, elle redevient liquide. L’ego n’a qu’une existence éphémère et illusoire si on le considère en lui-même, coupé de son origine. De même, pour la boule de neige. Si on se fie à son état présent, à sa consistance du moment, elle semble différente de l’eau, elle paraît être d’une nature originale. En réalité, elle n’est rien d’autre que de l’eau, une goutte semblable à toutes les autres gouttes de l’océan. Il n’y a qu’une eau et différents états de cette même eau.

— Il n’y a pas d’autre réalité que la Réalité Divine (la ilaha illa Allah).

— Il n’est pas possible d’avoir des prétentions à l’Amour Divin alors qu’il y a encore des attaches liées aux biens de ce monde présentes dans le coeur. C’est ainsi que l’on peut éprouver l’amoureux : l’amour véritable va de pair avec une véritable générosité. Sidi Boumedienne racontait souvent l’histoire suivante : un homme prétendait à l’amour de Dieu et de son Prophète. Dieu voulut alors l’éprouver et lui envoya un ange sous forme humaine qui lui dit : “ Oh toi qui prétends à l’amour de Dieu et de son Prophète, donne-moi ta djellaba ! ”. Cet homme la lui donna. Puis l’ange lui dit encore : “ Donne-moi ta robe ! ”. L’homme la lui donna aussi. Il ne lui restait plus qu’un pantalon et l’ange lui demanda de le lui donner. L’homme alla dans un lieu caché, enleva cet habit et le jeta par dessus. Il ne lui restait plus rien. Il entendit alors une voix céleste qui lui dit : “ Si tu prétends aimer Dieu, et son Prophète, ta prétention est véritable ”. Il fut donc agréé en cet état.

— Je tiens à l’amour plus qu’à toute autre chose. Prions pour que Dieu ne nous le retire pas.  L’amour entre les disciples et entre les foqaras et le maître est infini, il grandit sans cesse. On voudrait ne jamais se séparer. Cet amour est dû au secret spirituel (sirr) et existe car nous ne sommes réunis que pour Dieu. Cet amour fait tomber toutes les différences culturelles. C’est l’amour qui met les coeurs à l’oeuvre, en mouvement, qui fait agir. L’amour est la monture des esprits, c’est à travers lui que l’on connaît toute chose.

— Quand l’amour habite le coeur, plus rien ne paraît difficile et on tire profit de tout ce qui nous arrive. Ceci provient du fait que, grâce à l’amour, le voile qui nous sépare de la Réalité devient de plus en plus ténu, on éprouve alors une joie profonde du fait de cette proximité et on est envahi par la perception de la beauté.

— C’est l’amour qui provoque une blessure, un cri. Ne crie que celui dont le maître est ivre.

—  Aimez toutes les créatures, quelles que soient leur religion, leur race ou leurs opinions ! Chacun est à la place où Dieu l’a mis et il ne nous appartient pas d’en juger.

— Sidi Boumedienne interdisait toute lecture sur le soufisme à ses disciples, sauf “ Les Hikam ” de Ibn Ata Illah : il vaut mieux faire directement l’expérience des choses plutôt que d’en avoir une idée préconçue qui pourrait même constituer un voile.

— Notre voie est une voie du milieu.

— Lorsque Dieu aime son serviteur, il recouvre ses qualités de Ses Qualités. C’est comme si un roi nous invitait chez lui et que nous n’ayons pas de vêtements suffisamment propres et convenables pour nous rendre digne de sa demeure, le roi nous revêt alors de ses vêtements et nous introduit chez lui.

— Chacun s’attache aux qualités qui lui sont propres : le savant se croît supérieur à tout le monde par son savoir, l’homme riche tire sa gloire de sa richesse et ils demeurent ainsi avec leur maladie. Seule l’éducation spirituelle peut les aider à s’en libérer.

— L’ego (nafs) refuse souvent ce qu’on lui impose et commence alors à émettre des suggestions pour aller plus loin dans ce qui peut le satisfaire. La voie a l’effet contraire : quand quelque chose nous attire vers ce qui est mondain, la voie nous empêche de répondre à cet appel. Au sein de la voie, il faut éviter de se bloquer sur tel ou tel point de fixation et il vaut mieux laisser les événements aller d’eux mêmes par la volonté de Dieu en restant fermement ancré dans ses pratiques.

— Celui qui n’a pas une intention pure (niya) n’évoluera pas, même s’il reste toute sa vie en compagnie du Prophète.

— Chaque disciple est un antidote pour un autre disciple. Chacun est fort sur un point où l’autre est faible et peut ainsi l’aider à surmonter des difficultés.

— Il ne faut pas laisser entrer des suggestions négatives dans son coeur, sinon il deviendra comme une écurie pleine de saletés. Essayez de garder votre intérieur propre et pur, le dhikr permettra de faire sortir ce qui subsiste d’impur.

— Soyez assidus à votre dhikr personnel et participez aux pratiques collectives ! Ne vous inventez pas des excuses ! Certes, les obligations professionnelles, familiales et sociales sont lourdes, mais c’est la loi de la vie et c’est notre lot à tous.

— Il est important de travailler dans le monde car la Loi Divine exige que l’on subvienne aux besoins de sa famille. Il est aussi important de s’occuper de sa famille, de son époux(se), de ses enfants et, bien entendu, il faut également se concentrer sur le travail de la voie. Vous devez donc concilier ces trois domaines qui sont les repères de votre vie et, peu à peu, grâce à la pratique du dhikr, vous aurez l’intuition de ce qu’il convient de faire pour chaque situation.

— Occupez vous de vos parents, même s’ils ont des conceptions complètement opposées aux vôtres. Subvenez à leurs besoins si c’est nécessaire. Une des hontes du monde moderne est de mettre ses parents dans un foyer et de s’en débarrasser de la sorte.

— Quand on lit la biographie du Prophète, on est frappé par la similitude entre les liens qui l’unissaient à sa communauté et ce que l’on peut vivre aujourd’hui dans la voie. En réalité, ce n’est qu’un seul et même enseignement qui se prolonge.

— Cette voie est la voie de Dieu : évitez toute haine et toute forme de dissension, Dieu ne visite pas un coeur haineux. Les conflits entre les différentes communautés ethniques ou religieuses sont liés au passé et nous ne devons pas être concernés par cela.

— Ne désirez pas les états spirituels, les extases, l’ouverture ou les visions ! Ne désirez que la connaissance de Dieu. Le désir des hâls et des visions peut nous voiler de cette connaissance.

— La progression intérieure doit rejaillir à l’extérieur, sur le comportement

— Il ne faut pas relever les défauts d’autrui et se laisser entraîner dans la critique et le jugement. Sinon, on finit par oublier nos propres défauts. Comment un malade pourrait-il reprocher à un autre malade de ne pas être bien portant ? Il est donc important de magnifier. Regardez vos frères comme étant parfaits, du simple fait qu’ils sont reliés à la voie. Peu à peu, vous vous rendrez compte que c’est la création divine entière qui est parfaite.  Celui qui voit un défaut en l’autre ne voit en fait que l’un de ses propres défauts. Soyez les gardiens de votre coeur et rendez le propre et pur comme un lieu de prière !

— Le cheminement doit être progressif pour éviter que le disciple ne devienne arrogant.

— Celui qui donne et qui le dit est pire que celui qui n’a rien fait. Se vanter équivaut à anéantir tous les fruits du don.

— Lorsqu’un apiculteur voit un groupe d’abeilles, il apporte une caisse dans laquelle il met des choses sucrées et parfumées. Quand les abeilles sentent ce parfum, elles rentrent dans cette rûche. Si les abeilles aiment et apprécient ce lieu préparé, elles s’y installent. Dans le cas contraire, elles ne resteront que un ou deux jours et partiront par la suite. Le même phénomène se produit avec le secret divin : s’ il trouve le réceptacle du coeur propre et parfumé, il y restera durablement et produira un miel divin.

— Nous percevons l’extérieur des choses, mais l’intérieur nous est caché et occulté. Le corps se trouve dans ce monde, mais l’intériorité se situe dans une autre dimension, un autre royaume. L’accès à cette intériorité, c’est toute la voie.

— Ne cherchez pas la vérité, cherchez d’abord à vous purifier.

— Le jour où Dieu veut faire bénéficier son serviteur de Ses Grâces, Il fait pénétrer dans son coeur un souffle d’amour. Ainsi, le serviteur, bien qu’il soit impliqué dans les affaires de ce bas monde, sent en permanence le goût de Son Seigneur. Les Prophètes, eux aussi, travaillaient comme nous, mais leur travail ne dominait pas leur coeur qui restait fermement attaché à Dieu.

— La compréhension ne s’acquiert pas dans les livres. Il serait trop facile de se baisser et de ramasser tous les livres traitants du soufisme pour l’acquérir. La vraie science vous viendra de l’intérieur, de votre cœur. Seul le cœur comprend. Il comprend que rien n’est en dehors de Dieu.

— Le défaut et la laideur ne sont pas dans les choses et les êtres, mais dans l’impureté de notre regard sur elles. Plus l’âme est apaisée, parfaite et pure, plus elle sera disposée à voir dans tout être une manifestation de la Lumière Divine : tout est beau, seul le coeur non poli du disciple rend les choses laides.

— La Lumière Divine tourne autour du coeur du disciple. Pour qu’un avion atterrisse, il faut que la piste d’atterrissage soit entièrement dégagée. De la même façon, si notre coeur est rempli de désirs ou de passions, la Lumière ne trouvera pas de lieu où se poser.

— Il faut se méfier de la seule compréhension mentale. Il existe un mental sensible et un mental lumineux. Le mental sensible a une limite. Pour la dépasser, il faut travailler sur soi et fréquenter les hommes de Dieu. Dieu seul peut transformer le mental sensible en mental lumineux, un mental illuminé par la lumière du cœur.

— Les deux portes royales pour accéder à Dieu sont l’invocation (dhikr) et la générosité.

— Celui qui s’abaisse, Dieu l’élève.

— Certains d’entre vous ont du mal à se mettre au service des autres, mais s’ils font l’effort de le faire tout de même, ils pourront peu à peu se libérer des liens qui attachent leur âme.

— Quand on vit une relation de fraternité, je ne parle pas ici de fraternité au sens commun, mais de cette fraternité qui est investie d’amour, les coeurs sont en phase, les esprits sont en affinité : il circule un tel vin d’amour ! C’est cela la royauté de Dieu !

— Il n’existe que la Lumière. L’ego (nafs) a une enveloppe extérieure qui empêche cette Lumière de pénétrer. L’homme ordinaire ne voit que cette obscurité. Mais lorsque cette enveloppe a éclaté, la lumière qui se trouve dans le coeur se mélange avec la Lumière de Dieu et on ne voit plus que cette Lumière divine : “Où que vous vous tourniez , là est la face de Dieu !“.  Le monde est comme une ombre éphémère. Ainsi, lorsque le soleil se lève sur un objet, alors apparaît une ombre pendant un moment, puis cette ombre se dissipe. C’est la même chose pour ce monde par rapport à la Réalité. Les connaissants de Dieu n’ont pas d’ombre, en vérité. Seuls les hommes encore inconscients les perçoivent comme des êtres doués d’ombre. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre ce que l’on rapportait du Prophète Muhammad : le fait qu’il ne faisait jamais d’ombre.

— Celui qui est arrivé à percevoir l’Unité ne voit plus qu’Elle. Il se rend compte que toutes les formes habituelles, les formes humaines elles-mêmes, ne sont qu’illusion.

— La reconnaissance et la gratitude enchaînent la grâce.

Source : http://www.tariqa.org




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