Le notable de la ville…

 On raconte que quelque part dans le monde vivait dans une ville déshéritée, pauvre et dépourvue de toutes ressources, un homme d’un certain âge, d’une piété exemplaire. Cet homme était très riche et jouissait d’une bonté et d’une générosité incomparable, il était le notable de ce misérable bourg.

Tous les habitants de la ville l’aimaient et le respectaient grâce à sa générosité envers les pauvres et les nécessiteux, au point où les gens le considéraient pareil à un soleil bienfaiteur qui brillait sur toute la ville.

Très sensible à la pauvreté et au désespoir des gens, ce vieil homme décida un jour d’entreprendre une grande œuvre de bienfaisance au profit des habitants de la ville, il décida alors la création d’un projet de grande utilité publique pour le bien de la ville, qui permettra de réhabiliter la malheureuse vie de ce bourg en général, lui donner une apparence urbaine moderne, sauver les habitants du grand désespoir dans lequel ils vivaient leur quotidien, et améliorer les dures conditions de vie dans leur quotidien.

Après avoir étudié et mis le projet techniquement sur pieds, il invita les habitants de la ville et leur proposa de travailler et de participer à la réalisation du projet dont le programme a été décidé en trois tranches bien définies. Le chef du projet rassembla  donc tous les gens de la ville actifs et en âge de travailler, et les divisa en trois groupes distincts, et chargea chaque groupe d’exécuter les travaux d’une des trois tranches prévues dans le projet, à des heures différentes de la journée, contre une forte rétribution convenue entre les parties.

Cependant et compte-tenu de l’importance et de l’urgence que revêtait le projet, une grande condition a été néanmoins irrévocablement décidée par le maitre de l’ouvrage : Le projet en cause devait être réalisée en une seule et unique journée de travail.

Les horaires relatifs à chaque groupe ont été répartis de la manière suivante :

La journée a été divisée en trois parties, le premier groupe a été désigné pour la période allant de l’aube (fadjr) à la mi-journée, le second groupe devait pour sa part prendre le relais, c’est-à-dire de la mi-journée jusqu’à l’heure de la prière de l’après-midi(asr) quant au troisième et dernier groupe, il devait assurer le reste du projet, c’est-à-dire de la prière de l’après-midi, jusqu’à la prière du soir (el-Maghreb), délai prévu pour la clôture définitive du chantier et la réception du projet.

Le signal fût donc donné et le premier groupe s’engagea comme un seul homme et entama avec persévérance et grand acharnement le début des travaux.Le chantier démarre et les ouvriers s’engagent donc corps et âme dans les travaux.Malgré la dureté et la pénibilité des travaux, les ouvriers paraissaient  à la hauteur de la tache, et le chantier semblait avancer normalement.Malheureusement et quelques heures après, les ouvriers donnaient l’impression d’être essoufflés, une grande sensation de fatigue commençait à apparaître sur leurs visages et leurs corps, un grand découragement gagnait leurs esprits, le rythme des travaux diminuait au fur et à mesure.

Subitement et d’un commun accord, les ouvriers cèdent à leurs faiblesses et décident de se retirer et d’arrêter les travaux deux heures avant les délais convenus, en renonçant à leur salaire pour les heures de travail effectuées.

La situation se complique pour le chef de l’ouvrage. N’ayant pas le choix, ce dernier paie les ouvriers récalcitrants et fait appel au second groupe qui devra bien entendu reprendre le relais de 10 heures jusqu’à 16 heures de l’après-midi avec la promesse qu’ils seront rétribués en conséquence.Le chantier redémarre et les ouvriers du second groupe s’engagent dans la poursuite des travaux selon les accords convenus.Les ouvriers se mettent au travail sérieusement, les travaux avancent et tout semblait marcher comme sur des roulettes.

Ironie du sort ! Malheureusement et à peine quelques heures après, le même incident que le dernier groupe et sans raisons valables d’ailleurs , les ouvriers arrêtent les travaux et décident de se retirer exactement à 14 heures de l’après-midi, autrement dit deux heures avant l’heure convenue, et de la même façon que le dernier groupe, les ouvriers renoncent également à leur salaire .

La fureur et la colère gagnent le chef du projet, une situation bizarre et qui sort de l’ordinaire.L’avancement des travaux étant arrivé aux trois quarts, on décide alors d’affronter le sort en faisant appel au troisième et dernier groupe pour reprendre les travaux et achever définitivement le projet.

Le chef du projet s’engage donc dans cette dernière tentative dans l’espoir que le projet arrivera cette fois-ci à terme en encourageant les ouvriers d’obtenir la rétribution convenue majorée par la valeur des quatre heures de travail non effectuées par les deux derniers groupes.Le chantier redémarre encore une fois et exactement à 14 heures, les ouvriers se mettent au travail, sincèrement et avec acharnement, dans le but d’honorer le contrat et achever les travaux au terme convenu.

Quelques heures plus tard et exactement à l’heure convenue, c’est-à-dire à l’heure de la prière du soir (el maghreb) le projet est fin prêt, on le réceptionne officiellement, le chef du projet remercie chaleureusement les ouvriers et les gratifie généreusement en leur offrant l’intégralité de la rétribution.

Moralité : Une histoire d’une grande moralité, je laisse à mes frères et sœurs le soin d’en tirer les conclusions !

 

Source : Abdullah Mokhtary

 

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